Sonic Le Film

[Critique] Sonic le Film (Jeff Fowler, 2020)

Sonic le Film (Sonic the Hedgehog), durée 1h39, au cinéma le 12 février 2020, réalisé par Jeff Fowler, avec Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter, …

L’histoire du hérisson bleu le plus rapide du monde qui arrive sur Terre, sa nouvelle maison. Sonic et son nouveau meilleur ami Tom font équipe pour sauver la planète du diabolique Dr. Robotnik, bien déterminé à régner sur le monde entier.

Après nous avoir fait réellement peur début 2019 en nous dévoilant un design de hérisson complètement à côté de la plaque, Sonic le Film est enfin arrivé dans nos salles obscures, trainant toutefois plusieurs gros boulets derrière lui. Outre sa post-production poussive, le long métrage a beaucoup fait parler de lui pour son choix de doubleurs français, la mode étant de confier ces rôles à des humoristes ou à des youtubeurs loin d’être formés pour ce type de challenge.

Nous rencontrons donc Sonic, menant sa vie à toute allure sur sa planète d’origine jusqu’au jour où il doit sauver sa peau, poursuivi par des créatures malveillantes qui cherchent à exploiter sa super-vitesse. Aidé par Longclaw (un hibou qui lui fait office de figure parentale), Sonic traverse alors un anneau (de téléportation) qui l’envoie directement sur Terre pour sauver sa peau, et plus particulièrement dans la petite bourgade de Green Hills où il devra vivre caché pour survivre. Malheureusement, notre héros en devenir n’en faisant qu’à sa tête, il se fait rapidement repéré et le gouvernement américain fait appel à un savant fou pour récupérer la bestiole : Dr Robotnick (Jim Carrey). Et pour le coup, Jim Carrey fait du Jim Carrey quasiment tout le temps à tel point que l’on se croirait presque revenir à ses performances des années 90 (dont The Mask pour n’en citer qu’un dont il reprend le fameux « Splendide ! » sans sourciller). D’ailleurs, il se fait souvent appeler Eggman par Sonic (son nom en anglais) sans vraiment d’explications, à part qu’il considère que ses drones ressemblent à des oeufs…

Le scénario n’a pas vraiment d’intérêt mais comment pourrait-il en être autrement ? Accompagné de Tom Wachowski (James Marsden), Sonic doit se rendre à San Francisco pour récupérer ses anneaux et les utiliser pour se rendre dans un nouveau monde peuplé de champignons qui ressemble beaucoup à Mushroom Hill Zone (et donc à un teasing de Knuckles pour les futurs volets). De toutes façons, Sonic est là pour nous en mettre plein la vue avec sa vitesse, donc autant trouver des pirouettes scénaristiques pour qu’il se retrouve lancé à pleine vitesse sur une autoroute en direction de San Francisco, en se roulant en boule dès que possible pour répondre à l’attente des fans !

En revanche, le doublage français est assez catastrophique et ce n’est pas forcément Malik Bentalha qui s’avère le plus irritant, ses « talents » de doubleur sonnant parfois juste. Mais le doublage de Tika Sumpter (qui interprète Maddie Wachowski, la femme de Tom) est une véritable honte et chaque parole prononcée fait instantanément ressortir du film; heureusement qu’elle n’a pas trop de lignes de dialogue car cela nous aurait presque fait sortir de la salle de cinéma.

De même, certaines scènes font un peu de peine à voir, comme toutes les interactions avec la soeur de Maddie à San Francisco, les références qui sortent de nulle part (je pense notamment à celle d’Amazon et de ses drônes) ou encore la (très) longue scène où Sonic se bat dans un bar, un moment qui sert uniquement à intégrer des blagues plus ou moins lourdingues (à base de ralentis) pour que le temps passe plus rapidement; le film étant assez court, l’aventure ne s’en retrouve que plus simpliste. D’un autre côté, il y a des moments qui ne seront peut-être pas compris par les enfants mais qui étaient assez hilarants, comme lorsque notre héros bleu se retrouve coincé dans un sac de sport dans un ascenceur et que les badauds le prennent pour un enfant kidnappé: pas politiquement correct mais assez cocasse.

Enfin, mention spéciale pour le générique de fin qui résume l’histoire du film mais avec la patte graphique des aventures de Sonic sur Mega Drive : vraiment très très classe !

En soi, Sonic le Film est loin d’être la catastrophe industrielle que l’on a essayé de nous vendre depuis plusieurs mois. Jim Carrey est fidèle (trop fidèle ?) à lui-même et les références placées ici ou là devraient faire sourire les fans du hérisson bleu. Et si l’on aurait certainement aimé un peu plus d’effets spéciaux à l’écran, il faut avouer que le résultat fonctionne à merveille sur les plus jeunes et que l’on se retrouve bien plus tolérant face au résultat final. Enfin, le générique de fin nous donne quelques indices quant à une éventuelle suite et on se laisserait presque tenter par de nouvelles aventures. Pari gagné ?

Sonic Le Film
Sonic le Film (2020)
6