[Critique] Tron L’Héritage (Joseph Kosinski) – Version 3D

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Tron L’Héritage (Tron Legacy), durée 2h06, sortie cinéma le 9 février 2011, réalisé par Joseph Kosinski, avec Jeff Bridges, Garrett Hedlund, Olivia Wilde, Bruce Boxleitner, James Frain, Beau Garrett, …

Vingt-huit ans après les premières aventures de Kevin Flynn dans Tron, les studios Disney nous invitent à replonger dans la Grille avec Tron L’Héritage. Afin de retranscrire au mieux le bond technologique entre les deux films, la réalisation a été confiée à Joseph Kosinski, un habitué des campagnes publicitaires à gros budget et qui était déjà à l’origine du film-test présenté au Comic Con de San Diego en 2008. Le scénario est l’oeuvre de Edward Kriss et Adam Horowitz, tous deux auteurs de la série Lost, tandis que Steven Lisberger, réalisateur du premier opus, prend ici la casquette de Producteur afin de garder un oeil sur son bébé. Le passage de témoin s’est-il déroulé sans accrocs ?

Sam Flynn, 27 ans, est le fils expert en technologie de Kevin Flynn. Cherchant à percer le mystère de la disparition de son père, il se retrouve aspiré dans ce même monde de programmes redoutables et de jeux mortels où vit son père depuis 25 ans. Avec la fidèle confidente de Kevin, père et fils s’engagent dans un voyage où la mort guette, à travers un cyber univers époustouflant visuellement, devenu plus avancé technologiquement et plus dangereux que jamais…

Si vous n’êtes pas familier avec l’univers de Tron, n’ayez aucune crainte car il n’est pas nécessaire d’avoir vu le film de 1982 afin de mieux s’immerger dans cette pseudo-suite. D’ailleurs, les 30 premières minutes de Tron Legacy s’évertuent à nous replacer les différents protagonistes dans le contexte actuel. C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Sam Flynn (Garrett Hedlund, déjà vu dans Troie, Quatre Frères ou encore Friday Night Lights), fils unique de Kevin Flynn (Jeff Bridges) dont il était très proche jusqu’à sa disparition en 1989. Vingt-et-un ans plus tard, Sam est devenu un jeune homme rebelle qui cherche à tout prix à se détourner de la société ENCOM dont il est pourtant l’unique héritier. Hanté par cette disparition, c’est un peu par hasard et sur les conseils avisés d’Alan Bradley (Bruce Boxleitner), ami et associé historique de son père, que Sam va se retrouver dans la salle d’arcade où tout a commencé. Quelques lignes de commande pianotées sur une table tactile, et le voici transporté au sein de la Grille…

Et une chose est certaine: les premières minutes dans cet univers sont tout simplement fabuleuses et vous en prendrez plein les yeux!!! Un énorme travail a été abattu sur l’architecture, complexe à souhait, et l’esthétique générale, ultra léchée/soignée, ne laissera personne de marbre entre le bleu métallique, froid, de l’ensemble et la couleur jaune/orange qui marque la suprématie du maître des lieux. Mais l’entrée de Sam dans la Grille est également l’occasion pour lui de découvrir les Jeux du Stade auprès des autres Programmes et donc de replonger dans les épreuves qui ont fait le succès du premier film tels que les Combats de Disques et les courses de Motocycles Lumineux, le tout dans une ambiance survoltée…

Et le scénario dans tout cela ? Soyons honnêtes, l’histoire à l’intérieure de la Grille n’est qu’un prétexte grossier pour nous en mettre plein la vue et est complètement téléphonée, à tel point que la majorité des spectateurs devineront la conclusion avant même la fin de la première heure. Bien sûr, quelques personnages sortent du lot, comme Quorra (Olivia Wilde alias 13 dans la série House) qui incarne une superbe entité informatique, Castor (Michael Sheen), gérant de l’End Of Line Club mais dont le jeu d’acteur m’a particulièrement horripilé, ou encore Gem (Beau Garrett), beauté froide et chef des Sirènes dont le rôle est de préparer d’autres programmes à combattre dans les arènes. Un aspect sur lequel les studios Disney ont longuement communiqué est bien évidemment le face-à-face entre Jeff Bridges (61 ans) et son double numérique, CLU 2.0. Le Programme étant resté à l’image de Kevin Flynn lorsque ce dernier avait 35 ans, les spécialistes des effets spéciaux ont dû recréer une version rajeunie en images de synthèse. Et force est de constater que le résultat est loin d’être probant, que ce soit au niveau de la texture du visage (et de ses imperfections) ou encore des mouvements labiaux. Une petite déception…

Quant à nos frenchy de Daft Punk, après avoir écouté la bande originale du film lors de sa sortie en décembre dernier, je n’étais pas franchement convaincu par le travail du duo français, mais une fois dans le film, la musique vous prend vraiment aux tripes et le rythme s’accorde parfaitement avec l’action à l’écran (ou est-ce le contraire ?). Quant à la 3D, utilisée lors du passage dans la Grille, elle réussit à merveille à retranscrire la profondeur de l’univers créé par Kevin Flynn. Bien sûr, ne vous attendez pas à de gros effets à tout va comme certains films essaient de nous faire avaler depuis quelques temps, mais son utilisation, intelligente, est quasi parfaite. Là encore, je ne saurais que trop vous conseiller de voir le film en IMAX 3D, histoire d’en profiter au maximum! Tron L’Héritage porte donc son nom à merveille puisqu’il a su rester fidèle à Tron (1982), et peut-être même un peu trop afin de satisfaire tout le monde!!! Nul ne sait s’il deviendra aussi culte que son aîné, mais le film repousse encore une fois les limites de la technologie et c’est peut-être là l’essentiel…

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