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[Test] Enslaved: Odyssey To The West (Xbox 360)


Testé en solo sur la version éditeur de Enslaved: Odyssey To The West sur Xbox 360.

Quand les anglais de Ninja Theory (Heavenly Sword) se réapproprient le conte chinois « Le voyage en Occident » avec Alex Garland (La Plage, 28 jours plus tard) au scénario et un coup de main d’Andy Serkis (Gollum dans LOTR) pour les animations, le résultat final n’est autre qu’un jeu d’action/aventure baptisé Enslaved: Odyssey To The West. Certains me soutiendront qu’Akira Toriyama s’était déjà librement inspiré de ce conte pour bâtir l’univers de Dragon Ball, mais Enslaved va bien plus loin que ça…

Scénario: Vous incarnez Monkey, une sorte de grosse brute épaisse enfermée dans une prison aérienne par des esclavagistes. Avec l’aide fortuite d’une jeune fille rousse prénommée Trip, vous allez réussir à vous échapper tant bien que mal de votre prison, puis de la forteresse volante à bord d’une capsule volante qui finira par s’écraser dans une ville de New-York ravagée par les conflits. A son réveil, Monkey se retrouve affublé d’une couronne impossible à enlever et il devra suivre les ordres de Trip à la lettre pour réussir à retrouver sa liberté.  Mais attention, si Trip meurt, Monkey mourra également et ce dernier devra donc faire tout son possible pour la protéger des robots de l’organisation Pyramid et lui permettre de retrouver sa famille, à 500 Km à l’Ouest…

Graphismes: Ce qui frappe au premier abord dans Enslaved, c’est la beauté et la richesse des décors. Bien sûr, les consoles actuelles nous ont déjà proposé des jeux plus beaux, mais ici tout est parfaitement emballé: on ressent parfaitement le poids des guerres qui ont dévasté ces environnements et la présence (envahissante) de Dame Nature permet au joueur de s’immerger un peu plus dans l’aventure. Même constat du côté de nos deux héros, parfaitement animés et au design très propre. Enfin, les ennemis ne sont pas en reste et même si vous rencontrerez souvent les robots de base, certains adversaires ont profité d’un excellent travail (je pense notamment aux énormes chiens). Pour votre information, sachez qu’Enslaved s’appuie sur le moteur Unreal Engine 3, plutôt bien utilisé ici, même si certaines textures peuvent s’afficher en retard dans des situations bien spécifiques et qu’il m’a été donné l’occasion de faire face à de gros ralentissements lors des phases sur le « nuage magique »…

Jouabilité: Ninja Theory nous proposant de vastes environnements, il ne faisait aucun doute que Monkey allait devoir s’improviser roi de l’escalade et de l’équilibre pour parvenir à ses fins. Mais n’ayez crainte, notre héros ne peut jamais tomber, même des hauteurs les plus folles, et votre périple vous mènera souvent à pester contre ce système. En effet, il est impossible de sauter là où les développeurs ne l’ont pas prévu (genre sur une caisse ou de couper un chemin pentu) alors que d’un autre côté, Monkey sera capable des cabrioles les plus folles (et insensées) pour atteindre ses objectifs. D’ailleurs, vous ne risquez pas de vous perdre puisque tous les objectifs et prises sont affichés en surbrillance. Monkey est également capable de frapper fort, voire très fort, de tirer avec son bâton magique, de charger de l’énergie dans son bâton, de porter Trip et tout un tas d’autres fonctionnalités que vous pourrez débloquer au gré de votre récolte d’orbes. Trip sera également sous vos ordres puisqu’en appuyant sur LB, vous ferez apparaitre une « roue » vous permettant de choisir quelle action la belle rousse doit entreprendre (avancer, actionner, vous soigner, …). Enfin, de temps en temps, un script débloquera la fonction hoverboard (le fameux « nuage »), un moyen très pratique pour vous déplacer rapidement sur l’eau ou face à certains boss, mais qui sera malheureusement désactivé à la suite de ces actions (merci les scripts!).

Durée de vie: Comme expliqué ci-dessus, le jeu est finalement assez linéaire/dirigiste puisque le chemin à prendre vous sera dévoilé par le biais d’objets en surbrillance. Il en résulte qu’il ne vous faudra pas plus de 8 heures pour venir à bout du jeu en mode de difficulté normal, sachant que la rejouabilité est assez limitée. L’aventure s’offre même le privilège de finir d’une façon assez bancale et quand on voit certaines coupes dans la campagne, il n’y a qu’un pas pour s’imaginer que Ninja Theory a d’ores et déjà quelques DLCs en prévision…

Bande son: Une fois n’est pas coutume, il faut noter que les doublages français (parfois en retrait) sont vraiment très réussis, ce qui participe bien évidemment à l’immersion, le tout étant renforcé par de superbes musiques. Même constat du côté des bruitages où le résultat est plus que correct, permettant notamment aux combats de donner lieu à de véritables concerts…

Conclusion: Au final, Enslaved est vraiment une agréable surprise, plaisant à jouer, doté d’une excellent mise en scène et la trame scénaristique vous poussera à continuer pour connaître le dénouement final. Bien entendu, le jeu n’est pas exempt de défauts, à commencer par la frustration née des déplacements de Monkey, mais les nombreuses idées de gameplay finiront de vous convaincre. Sa durée de vie, dans la moyenne actuelle, ne lui permettra pas de rester bien longtemps dans votre console, mais profitez de ces quelques heures pour savourer ce qui restera l’une des valeurs sûres de cette fin d’année 2010…

Note: 8/10