Sonic Superstars (version physique, v1.0.5A, sortie le 17 octobre 2023), Développeur: Sonic Team, Éditeur: SEGA

Développé par Sonic Superstars, le nouvel opus de la mascotte de SEGA s’intitule Sonic Superstars. Avec un rythme effréné ces derniers années, le hérisson bleu a le vent en poupe, entre un excellent épisode 2D (Sonic Mania) et un épisode 3D (Sonic Frontiers) qui semblait ouvrir la voie à un renouveau de la licence. C’est donc un peu par surprise que l’on se retrouve cette année avec un jeu en 2,5D qui essaye de surfer sur ce qui a fait le succès de Sonic depuis ces trente dernières années. A noter que pour ce test, j’avais pris la décision de ne pas toucher au titre de Nintendo qui sortait quasi au même moment et qui semblait d’ores et déjà être culte pour de nombreux amateurs du plombier, ou tout simplement des jeux de plateforme. Mon avis n’est donc pas biaisé par ce que j’ai pu y découvrir par la suite…

L’histoire prend place dans les Northstar Islands et vous propose d’incarner Sonic, Tails, Knuckles et Amy lors de leurs aventures face au Dr Eggman/Robotnik, lui-même étant accompagné par Fang, le célèbre chasseur des Emeraudes du Chaos. L’introduction au format cinématique animée est de toute beauté et les premiers pas dans le jeu fleurent bon la nostalgie, notamment par l’apport de musiques remixées qui feront frétiller les tympans des fans de la première heure, et par une approche graphique convaincante qui vous rappellera les anciens épisodes: la prise de risque est dès lors proche du néant…

Le jeu est découpé en onze zones, elles-même proposant 2 à 3 actes, et comme vous pouvez vous en douter, le tout est assez court au final (comptez six heures pour en faire le tour). Il est possible d’alterner les plaisirs en choisissant un autre personnage jouable possédant ses propres caractéristiques (Tails peut voler, Knuckles escalade, et Amy peut utiliser son marteau), mais la plupart des joueurs voudront traverser cette aventure avec Sonic (ce qui est assez logique), surtout qu’il est impossible de changer de personnage au cours du niveau en solo. Je précise bien en solo puisqu’il est également possible de traverser le jeu avec des amis en coopération (en local) mais vous risquez de vous heurter à des problèmes de caméra et de voir certains joueurs disparaitre de l’écran (tout simplement). Il est possible de revenir sans perdre d’anneaux, ce qui limite la frustration, mais qui démontre aussi un certain concept boiteux pour lequel le studio a dû trouver une parade: sur le papier, l’idée du multi était certainement très bonne, mais la réalisation n’a pas suivi…

Si le jeu s’avère très rapide, voire trop rapide dans certaines conditions, avec plus ou moins d’éléments affichés à l’écran, il est toutefois assez incompréhensible de noter des ralentissements dans de simples écrans de chargement: alors évidemment, ce n’est pas le point central de l’expérience mais comme vous risquez de les voir assez souvent, il aurait plus agréable de leur faire gagner en fluidité, ou de les rendre tout simplement fixes, plutôt que de nous servir ces animations sans intérêt.

La pire partie du jeu reste au niveau des stages dédiés à la récupération des Emeraudes du Chaos (au nombre de 7) où vous devrez vous balancer d’anneaux en anneaux, en espérant pouvoir atteindre l’émeraude avant la fin du chronomètre. C’est tout simplement horrible ! Néanmoins, une fois l’émeraude récupérée (quel courage), il sera possible d’utiliser son pouvoir durant vos parties; il suffit de sélectionner le pouvoir désiré via une roue, afin de pouvoir l’utiliser par la suite (invoquer des clones, attaquer en boulet de canon, ralentir le temps, …). En plus de la tanée que représente l’épreuve pour les récupérer, il faut bien comprendre que leur utilisation n’est franchement pas indispensable pour espérer voir la fin du jeu, tout juste aurez-vous envie de les utiliser face à certains boss pour accélérer cette étape. Car ici aussi, même si l’on peut apprécier leur variété, les affrontements face aux boss peuvent rapidement vous faire sombrer dans l’ennui, en voyant telle ou telle séquence se répéter, ou en découvrant une nouvelle forme alors que l’on pensait en avoir fini…

En terme de difficulté, si vous n’êtes pas trop à l’aise avec les jeux de la famille Sonic, il est recommandé de jouer avec Amy qui possède plusieurs atouts qui faciliteront grandement votre progression. Mais pour le reste, c’est un jeu Sonic, avec son lot de pièges qui apparaissent au dernier moment, ses routes sinueuses prises à toute vitesse et très (très) peu de moment de quiétude. A part les boss à vaincre à la fin des zones, il n’y a pas vraiment de moment de repos: notre protagoniste est là pour courir, rouler et sauter dans tous les sens, ce qui nous laisse souvent avec la sensation d’assister à un stream plutôt que d’être vraiment partie prenante des évènements. Et ce sentiment est encore plus exacerbé par la taille démesurée des niveaux, qui ont également gagné en verticalité : il est franchement difficile de se repérer et il est donc très facile de passer à côté de certains éléments que vous souhaitiez récupérer.

Du côté des contenus, Sonic Superstars propose trois modes : Histoire pour vivre la campagne, Contre la Montre et Combat (mode multi compétitif où différents niveaux s’enchaînent, jouable en local ou en ligne). Pour être franc, ce dernier est vraiment dispensable et vous risquez de ne pas vous éterniser dessus (15 minutes devraient vous suffire). Mais surtout, il existe d’ores et déjà des packs disponibles à l’achat sur les boutiques en ligne, avec de nouvelles apparences ou des niveaux supplémentaires pour le mode Combat, et on peut s’imaginer qu’il n’y aura pas vraiment de limite aux collaborations qui pourront être proposées. Ces éléments sont bien évidemment là pour personnaliser votre expérience de jeu, sachant qu’il sera également possible d’acheter des éléments dans un magasin présent dans le jeu.

Au final, Sonic Superstars est plutôt réussi d’un point de vue graphique ou sonore, mais a le don de s’embourber dans une formule qui n’a pas vraiment évolué au cours des derniers décennies: on court dans tous les sens, en espérant que Sonic n’aille pas se fracasser contre un élément du décor ou un ennemi, on récupère des anneaux pour ne jamais rester sans défense, on grommelle face à l’inertie des protagonistes, et on souffle très fort en attendant la ligne d’arrivée. Même s’il fait la part belle à la nostalgie et qu’il en ressort une sensation de déjà-vu à chaque looping, cet opus propose également de bonnes idées (avec de belles surprises) qui donnent envie de continuer à explorer et d’en voir la fin. Et si l’on ne retiendra au final que le jeu en solo, on peut tout de même saluer l’idée de vouloir se diversifier et de permettre à des amis d’embarquer dans notre aventure. Il ne reste plus désormais qu’à espérer que la Sonic Team soit moins frileuse avec les prochaines aventures de Sonic, quitte à pousser un peu plus loin le curseur de la modernisation

Sonic Superstars Keyart
Sonic Superstars (Switch)
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