Unicorn Overlord (version physique, v1.03, sortie le 8 mars 2024), Développeur: Vanillaware, Éditeur: ATLUS

Développé par les génies de Vanillaware (13 Sentinels: Aegis RimOdin Sphere), Unicorn Overlord est un RPG tactique édité par ATLUS (la série Persona), ce qui lui confère déjà bon nombre d’atouts dès sa sortie. Le calendrier des sorties étant assez chargé en ce début d’année, il y aura fort à faire pour réussir à se démarquer des concurrents et si l’aspect artistique ne plaira pas à tous les joueurs dans les premières minutes, il est grandement conseillé de tenter de persévérer car le résultat en vaut largement le détour.

Le scénario vous plonge dans le monde de Fevrith, tombé entre les mains de l’affreux Glavius dans une introduction qui devrait déjà vous faire saliver en vous narrant comment le Général Valmore est venu à bout de la Reine Ilana afin de conquérir Grand Corinne, la capitale du continent de Cornia. Sentant la trahison de son officer arriver, la Reine pris tout de même le soin de confier son fils, Alain, à son fidèle serviteur Josef, ce dernier fuyant rapidement les combats afin de cacher l’héritier légitime sur une île… Dix années se sont écoulées, Alain est devenu un adulescent et certains évènements vont l’amener à devoir fuir avec ses amis afin de monter une armée pour restaurer la paix, reconstruire les villages détruits, et reprendre ce trône qui lui revient de droit. Prêts pour le défi d’une vie ?

Unicorn Overlord arbore le style graphique en 2D à l’ancienne propre aux productions de Vanillaware: il y a forcément un certain charme qui se détache de ce rendu si particulier, qui ne plaira pas forcément à tout le monde mais qui sied parfaitement au propos du jeu. Pour ma part, j’ai trouvé cela magnifique à tout point de vue, que ce soit lors des scènes de dialogue, lors des combats ou même au niveau des cartes qui restent parfaitement lisibles malgré le grand nombre de détails à l’écran. Qui plus est, le titre propose une localisation des textes en français plus que correcte (malgré quelques ratés ici ou là) qui aide vraiment à s’immerger dans cet univers, tout en bénéficiant de très bons doublages en japonais/anglais.

En terme de gameplay, le titre est assez original puisqu’il faudra tout d’abord déployer vos unités sur la carte, les déplacer afin de conquérir certains points stratégiques, et enfin vous préparer au mieux pour les affrontements qui se jouent dans une sorte de tour-par-tour assez ingénieux. Avant de déclencher une bataille, il vous sera possible d’intervertir certains groupes (une jauge vous prédit plus ou moins l’issue des dégâts subis/infligés suivant les forces en présence), de repositionner vos unités au sein d’un groupe (en général suivant les forces et faiblesses de leurs classes) et j’en passe, ce qui rajoute bien évidemment une grosse dose de tactique à l’ensemble. Dès lors, le gameplay passe dans une phase où vous n’êtes plus que spectateur et où les combats se déroulent de manière automatique. Si au début, tout s’enchaine assez facilement, il faudra très rapidement jouer avec les compétences de vos troupes, l’exemple le plus simple étant d’éviter de lancer des sorts de soin si personne n’est blessé de votre côté. Et attention, de nombreux critères peuvent venir modifier les combats (le terrain, la météo…), ce qui rend chaque bataille unique.

En terme de durée de vie, comptez une bonne cinquantaine d’heures en difficulté standard (il y quatre niveaux, standard étant le second), sachant que le titre peut se rejouer très simplement tout en restant appréciable, et qu’un nouveau mode de difficulté fera son apparition après avoir fini le jeu une première fois. A noter qu’il est également possible de jouer dans un Colisée en fin de partie, que ce soit contre l’IA ou en ligne contre d’autres joueurs. Enfin, et c’est tout de même important à noter, à l’heure où j’écris ces lignes, il n’y a pas de DLC sur les différents stores, ce qui dénote beaucoup avec ce que l’on peut voir par ailleurs, et qui nous conforte dans l’idée que le jeu se suffit à lui-même.

Un petit bémol tout de même concernant la sauvegarde automatique: certaines batailles pouvant être assez longues, je ne saurais que trop vous conseiller de vous reposer également sur les sauvegardes normales, car vous ne saurez jamais vraiment quand vous pouvez vous reposer sur ce système assez aléatoire.

Au final, Unicorn Overlord réussit à démontrer tout le savoir-faire de Vanillaware, en proposant un titre dense, bien pensé, et qui vous tiendra en haleine durant des dizaines d’heures. Si le scénario est assez convenu et que les quêtes secondaires ne sont pas toujours mémorables, force est de constater que le tout fonctionne à merveille et qu’il y a tellement d’activités ici ou là que l’on ne s’ennuie jamais. S’il vous faudra un petit temps d’adaptation pour bien comprendre la profondeur du gameplay, ceux qui oseront relever le défi ressortiront de cette aventure avec un sentiment du devoir accompli assez inégalable. Pas certain que cet univers ait vocation à connaitre une suite mais le studio tient ici un concept de gameplay qu’il pourrait parfaitement reproduire dans de futurs titres, tout en y apportant des améliorations qui répondront aux demandes/besoins des joueurs. Mais d’ici là, prenez le temps d’apprécier ce titre à sa juste valeur: c’est vraiment rare d’avoir une telle pépite entre les mains, qui plus est avec cette version Nintendo Switch que vous pourrez amener partout…

Unicorn Overlord
Unicorn Overlord (Switch)
8