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[Critique] Green Lantern (Martin Campbell) – Version 3D


Green Lantern, durée 1h53, sortie cinéma le 10 août 2011, réalisé par Martin Campbell, avec Ryan Reynolds, Blake Lively, Peter Sarsgaard, …

En 1940, DC Comics introduit un nouveau super-héros dans ses parutions, Alan Scott alias Green Lantern, personnage qui disparaitra au début des années 50 avec la fin de l’âge d’or des comics. En 1969, la série connait une seconde vie et c’est désormais Hal Jordan qui portera le fameux Anneau Vert. Quarante années plus tard, suite à l’avènement des super-héros au cinéma, il était évident que Green Lantern allait également avoir le droit à son adaptation sur grand écran et c’est finalement Martin Campbell (Le Masque de Zorro, Casino Royale) qui a hérité de la caméra pour le premier volet de ce qui s’annonçait alors comme une trilogie. Mais encore fallait-il que le résultat soit à la hauteur de l’espérance des fans…

Dans un univers aussi vaste que mystérieux, une force aussi petite que puissante est en place depuis des siècles : des protecteurs de la paix et de la justice appelés Green Lantern Corps, une confrérie de guerriers qui a juré de maintenir l’ordre intergalactique, et dont chaque membre porte un anneau lui conférant des super-pouvoirs. Mais quand un ennemi du nom de Parallax menace de rompre l’équilibre entre les forces de l’univers, leur destin et celui de la Terre repose sur leur dernière recrue, le premier humain jamais choisi : Hal Jordan. Hal est un pilote d’essai talentueux et imprudent, mais les Green Lanterns ont un peu de respect pour les humains, qui n’ont jamais exploité les pouvoirs infinis de l’anneau auparavant. Hal est clairement la pièce manquante du puzzle et il possède, en plus de sa détermination et de sa volonté, une chose qu’aucun des autres membres n’a jamais eu : son humanité. Soutenu par son amour d’enfance, le pilote Carol Ferris, Hal doit rapidement maîtriser ses nouveaux pouvoirs et vaincre ses peur, pour prouver qu’il n’est pas que la clé pour vaincre Parallax… mais peut-être le plus grand Green Lantern de tous les temps.

Après une introduction assez longue permettant de comprendre le fonctionnement du Corps des Green Lantern, d’assister à la libération de leur ennemi juré Parallax et de voir l’affrontement entre l’entité Parallax et Abin Sur, le chef du fameux corps d’élite, le scénario nous permet de découvrir Hal Jordan (Ryan Reynolds), pilote de chasse un brin casse-cou et accessoirement Terrien. Il est bon de préciser cette différence puisqu’après 10 minutes d’images CGI à la limite du supportable visuellement parlant, le réalisateur permet à nos yeux de se reposer quelque peu avec une suite de séquences sur Terre. On passera rapidement sur le flashback d’Hal Jordan durant son vol d’essai, plutôt dispensable, pour se plonger dans la vie du bellâtre et des personnages gravitant autour de lui à savoir Carol Ferris (Blake Lively, « Gossip Girl »), fille dont il est éperdument amoureux depuis sa plus tendre enfance, Hector Hammond (Peter Sarsgaard, « Boys Don’t Cry »), un professeur spécialiste en xénobiologie qui fantasme sur Carol depuis des années, ou encore le père de ce dernier, le Sénateur Hammond (Tim Robbins)…

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Green Lantern, le film, nous narre donc l’évolution d’un homme sensiblement irresponsable qui se voit attribuer la célèbre bague verte et son indissociable lanterne (verte elle-aussi) qui permet de régénérer l’énergie de la bague. Obtenir cet artefact est un honneur puisqu’il vous fait accéder au Corps des Green Lantern, une sorte de police de l’univers composée de 3600 membres et clairement associée à la Volonté. Le pouvoir conféré par la bague est assez simple puisqu’il permet à son porteur de modéliser tout ce qu’il souhaite par la seule force de l’esprit (sabres, mitraillettes, …). A cet effet, et face à des ennemis beaucoup plus puissants, il est toutefois étonnant de voir que l’imagination des « guerriers » est loin d’être infinie, ces derniers se contentant bien souvent de faire apparaitre des objets vus et revus

A ce niveau, je pense qu’il est désormais grand temps de l’avouer: Green Lantern est un ratage total. Entre le traitement visuel terriblement laid, les effets spéciaux tout simplement ratés (et pourtant, Warner Bros a réinjecté de l’argent pour améliorer l’ensemble) et un scénario qui ne réussira jamais à accrocher l’assemblée, on peut dire que Martin Campbell a réussi à faire l’impensable avec un budget de près de 300 millions de dollars!!! Sans parler de Sinestro (Mark Strong), un personnage ô combien emblématique de l’univers Green Lantern qui se retrouve avec un rôle plus que secondaire, c’est surtout le traitement accordé à Parallax qui prête à sourire: imaginez une bouillie infâme de la taille d’une étoile, sans une once de charisme, et qui peine à détruire un hangar sur Terre alors qu’il représente la plus grande menace de l’Univers… Tout bonnement impensable!

Passons également sur les séances de flirt à rallonge entre Hal Jordan et Carol, le costume de Green Lantern intégralement généré par infographie (avec les problèmes qui s’en suivent comme l’intégration du Masque), la 3D qui n’apporte rien à l’ensemble (et pourtant, avec le nombre de plans en images de synthèse…) ou encore une planète Oa qui peine à trouver sa place dans le récit; et vous l’aurez compris, il n’y a aucune raison valable d’aller voir ce film au cinéma. Pour ne pas perdre votre temps (et votre argent) cet été, je ne saurais que trop vous conseiller de sortir profiter du soleil ou de lire les différents ouvrages estampillés Green Lantern chez DC Comics. Quant aux plus valeureux, ils pourront se contenter de la version 2D en attendant un hypothétique second épisode plus ou moins annoncé par la séquence post-générique

Note: 2/10