Blacksad

[Test] Blacksad: Under The Skin (Switch)

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DealBlacksad: Under The Skin – Edition Limitée (Switch) / Edition Collector 

À partir de 19,99€

Blacksad: Under The Skin (version dématérialisée, v1.0.1, sortie le 28 novembre 2019), Développeur: Pendulo Studios, Éditeur: Microids

Adaptation de la bande dessinée éponyme signée par Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, Blacksad: Under The Skin partait avec tous les atouts en main pour accoucher d’un excellent jeu d’aventure à la sauce point’n’click. Le jeu suit une enquête de John Blacksad, détective privé dans le New York des années 50, dans un monde peuplé d’animaux anthropomorphes dont l’espèce reflète le caractère (votre serviteur étant un chat noir). Le tout baigne dans une ambiance très jazzy qui donne envie de s’installer confortablement et de regarder l’histoire se dérouler.

Ici, Joe Dunn, le propriétaire d’un club de boxe en vogue, est retrouvé mort, pendu au centre du ring, par la femme de ménage. Et pour rajouter un brin de mystère, son meilleur espoir (Bobby Yale) a disparu sans laisser de traces à quelques jours d’un combat capital. Une bien mauvaise nouvelle pour Sonia Dunn, fille de Joe, qui doit donc faire face au deuil ainsi qu’aux difficultés financières du club qu’elle a repris dans la précipitation. Cette dernière est alors contrainte d’engager Blacksad pour faire toute la lumière sur ces évènements, notamment pour retrouver Bobby, mais cette enquête va très rapidement prendre une tournure assez sombre…

Pour faire simple, un quidam pourrait vous dire que le jeu est développé par Telltale Games (ou ses cendres) que cela ne vous étonnerait pas puisqu’on retrouve tout ce qui a fait la marque de ce studio (et de bien d’autres avant lui). En effet, vous retrouverez ici des QTE à toutes les sauces, que ce soit lors d’affrontements ou pour dégainer une réplique au plus vite lors d’interrogatoires (une erreur et cela peut vous forcer à recommencer la section en cours). Rassurez-vous : de nombreuses phases de dialogues s’opèrent sans le stress du temps, ce qui vous laissera le temps d’approfondir certains points et donc d’y voir plus clair dans ce pêle-mêle.

En bon détective, tous les indices et renseignements sont consignés dans un carnet de notes que vous pourrez consulter à tout moment, histoire de vous rappeler qui est qui et quelles sont les relations entres les différents protagonistes. Il faudra ensuite travailler sur vos déductions pour espérer avancer dans l’aventure ! D’ailleurs, il faudra souvent jouer de tact lors de vos conversations / interrogatoires car vos décisions agiront sur la personnalité de votre « Blacksad ».

Il faut tout de même noter que le didacticiel est très complet, bien amené, et qu’il vous permettra d’appréhender au mieux les possibilités qui vous sont offertes par le jeu. Et pour les collectionneurs fous, le joueur a la possibilité de chercher dans le décor pour trouver la centaine de cartes de sportifs qui y sont dissimulés : cela ne vous apportera rien d’un point de vue investigation, mais cette fouille contribue fortement à la douzaine d’heures nécessaires pour voir le bout de l’aventure.

Tout aurait donc pu être parfait si la technique avait suivi puisque de gros problèmes viennent noircir le tableau. À commencer par des saccades lors des déplacements de Blacksad, des ralentissements incompréhensibles en passant d’une interface à une autre, mais aussi des crashs intempestifs vous obligeant à rejouer des pans entiers de l’histoire (cela m’est arrivé trois fois pour une perte sèche de 2 heures). Et que dire de l’aliasing très présent et du flou ambiant (tout du moins en mode portable, le mode docké m’ayant l’air plus fin) ? Bref, si vous cherchez une nouvelle référence technique sur la console de Nintendo, vous pouvez passer votre chemin, surtout que, malgré un doublage français franchement convaincant, le studio n’a même pas essayé de faire la moindre synchronisation labiale : parfois les lèvres bougent (comme elles le veulent), et parfois les personnages gardent leurs lèvres totalement immobiles…

Même la partie interrogatoire a le droit à ses moments de faiblesse technique : des touches qui ne répondent pas, ou des lignes de dialogues qui se rejouent plusieurs fois d’affilée. Il y a de quoi s’énerver et il faudra se montrer persévérant pour (vouloir) en voir le bout…

Adaptation d’une bande dessinée à succès, Blacksad: Under The Skin ne connaitra donc pas la même destinée avec cette aventure vidéoludique. Doté d’une technique passable et de bugs pénalisant la progression, le titre aurait pu être proche de l’accident industriel s’il ne s’appuyait pas sur un univers attachant et un scénario convaincant. Si un patch correctif s’avère quasiment impossible, il reste tout de même au final un jeu qui devrait trouver son public (licence et campagne marketing oblige) et qui saura récompenser les joueurs tenaces (la seconde partie du jeu étant beaucoup plus intéressante).

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Blacksad: Under The Skin (Switch)
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