Langrisser 1 2 Final

[Test] Langrisser I & II (Switch)

Langrisser I & II (version physique, v1.0.0, sortie le 13 mars 2020), Développeur: Chara-ani, Éditeur: NIS America

NIS America continue à vouloir faire plaisir aux joueurs occidentaux en adaptant de nombreux jeux en langue anglaise et une fois n’est pas coutume, ils ont une nouvelle fois visé juste avec Langrisser I & II, un titre attendu depuis fort longtemps par les amateurs de tour par tour. Mais avant d’aller plus loin, un petit retour en arrière s’impose pour connaitre l’origine de ces jeux.

En effet, les deux premiers volets de la saga Langrisser sont sortis sur Mega Drive, respectivement en 1991 et 1994, avant d’enchainer sur la Sega Saturn pour les trois épisodes suivants. A l’époque, ces jeux de type Tactical-RPG font déjà sensation grâce notamment à des batailles à très grande échelle. Et de nombreuses années plus tard, ces deux classiques font leur retour sur Nintendo Switch avec une nouvelle direction artistique, une nouvelle bande son et des graphismes remaniés. Le gameplay a également été modernisé, tout en conservant sa saveur d’antan, et une nouvelle traduction anglaise a vu le jour. Car oui, comment souvent avec les jeux de NIS America, le jeu ne propose que des textes en anglais (les voix étant en japonais) et risque de perdre une partie de joueurs potentiels pas spécialement à l’aise avec cette langue…

Pour les nostalgiques ou ceux qui n’apprécient pas trop la direction artistique prise par ces nouvelles versions, sachez que plusieurs options vous sont proposées pour obtenir le rendu qui vous sied le mieux (Classic, Classic Map, Classic Characters, Remastered), vous permettant par exemple de mixer le rendu pixellisé de la carte avec des personnages modernisés.

Idem côté bande sonore où les mélomanes auront le choix entre les musiques réorchestrées et les musiques d’époque. Bref, du côté de l’héritage, les développeurs ont fait un travail remarquable en terme de contenus et chacun devrait trouver sa configuration optimale !

Au lancement de chaque jeu, vous serez amenés à répondre à différentes questions d’une Déesse, vos réponses ayant un impact sur certaines caractéristiques de votre personnage principal, ainsi qu’à choisir le niveau de difficulté (le mode facile vous octroyant plus d’argent et d’objets pour bien débuter l’aventure). En revanche, il faut avouer que la mise en situation de l’histoire est assez sommaire et que cette partie aurait très certainement mérité un plus gros travail, histoire d’essayer d’intéresser les joueurs au destin du héros…

Avant chaque bataille, les conditions de victoire (et de défaite) s’affichent à l’écran, ce qui pourra vous orienter dans vos stratégies lors des combats (par exemple, éviter d’envoyer votre héros dans la gueule du loup s’il ne doit pas mourir). Vous devrez ensuite recruter les mercenaires qui vont venir prêter mes fortes à vos héros, sachant que chaque type de mercenaires a ses force/faiblesses vis-à-vis des autres et une appétence à telle ou telle topographie, et à vous les joies des champs de bataille! On apprécie notamment la chance d’être épaulé par un allié, Volkoff, lors des premiers chapitres : son Niveau 20 vous fera le plus grand bien sur les champs de bataille (les ennemis étant encore assez faibles) et cela permettra à votre héros de monter assez rapidement en grade. Plus l’histoire progressera, plus vous aurez de compagnons d’armes auprès de vous, et il faudra donc gérer au mieux leurs caractéristiques ainsi que leurs équipements en passant par le magasin pour acheter des objets plus puissants (et donc plus coûteux).

D’ailleurs, il est à noter qu’une animation se lance dès qu’un combat débute et même si l’on apprécie ce dynamisme lors des premières minutes, force est de constater que vous risquez rapidement de plonger dans les options pour les désactiver et ainsi gagner quelques précieuses secondes à chaque affrontement (ou sinon une simple pression sur B fera l’affaire). Au final, je trouve que cela coupe trop les combats, même si le rendu graphique s’avère être fort sympathique, et j’imagine que la plupart des joueurs vont les désactiver et oublier cette fontionnalité. De même, il aurait été astucieux de proposer une solution pour zapper les innombrables déplacement qui ont lieu à la fin de chaque tour (notamment pour que tous les mercenaires rejoignent leurs leaders respectifs, suivant les ordres donnés en amont) : c’est forcément très long de regarder toutes ces animations, pour un résultat souvent anecdotique…

Côté durée de vie, j’ai vraiment apprécié la fonctionnalité « Story » qui vous présente votre progression dans les scénarios et vous indique certains embranchement pouvant vous mener à l’une des 8 fins du jeu (voire 13 pour le second volet). Pour cela, après avoir fini un chapitre, il vous suffira de venir voir ce graphique pour découvrir s’il y avait un embranchement possible, auquel cas le jeu vous indiquera les conditions à réunir pour y arriver. Cette fontionnalité permet de démultiplier la durée de vie des deux jeux, même s’il faudra jongler entre plusieurs sauvegardes, sans pour autant donner l’impression que les joueurs sont laissés sans information pour avancer. Sans compter sur le fait qu’une fois le jeu terminé, vous aurez la possibilité de replonger dans vos batailles avec un mode New Game+ (qui propose quelques variantes). Le contenu est donc gargantuesque et on appréciera également le fait que le jeu nous permet de sauvegarder entre chaque bataille (mais surtout, n’oubliez pas de le faire !), voire d’effectuer des Sauvegardes Rapides si vous devez tout interrompre alors que les affrontements font rage (par exemple si vous êtes en nomadisme et que votre Switch n’a quasiment plus de batterie).

Vous l’aurez compris, Langrisser I & II vous propose de redécouvrir deux fleurons du genre Tactical RPG, le tout ayant été amélioré/modernisé pour correspondre au mieux aux standards actuels. Si tant est que vous ne soyez pas allergique à l’anglais, les deux titres devraient vous proposer plus de 50 heures de jeu, avec de très bonnes idées pour éviter de perdre les joueurs en chemin. En revanche, si le trip retro ou langue de Shakespeare vous fait froid dans le dos, vous risquez de très rapidement vous en détacher, ce qui vous ferait passer à côté d’un incontournable du genre…

Langrisser 1 2 Final
Langrisser I & II (Switch)
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