Metro Redux (version physique, v1.0.0, sortie le 28 février 2020), Développeur: 4A Games, Éditeur: Deep Silver

Adaptation de la saga littéraire de Dmitri Gloukhovski, Metro 2033 avait eu le droit à une adaptation sur Xbox 360 en 2010 : vous y incarniez Artyom, un des 40.000 habitants du métro de Moscou ayant survécu à une guerre nucléaire qui ravagea la Terre vingt années plus tôt. Sa suite, Metro: Last Light, avait débarqué sur consoles en 2013 et vous proposait de poursuivre les aventures d’Artyom au sein du complexe militaire de D6. Le succès commercial ayant été au rendez-vous, les deux volets furent regroupés sous l’appellation Metro Redux en 2014 pour une sortie sur les consoles de nouvelle génération, proposant notamment des améliorations graphiques, une IA retravaillée et des animations plus réalistes, tout en ajoutant différents modes de jeux. Et six années plus tard, c’est enfin au tour des joueurs Switch de découvrir cette série, que ce soit dans leur salon ou en mode portable…

Pour l’occasion, les développeurs ont directement inclus les deux aventures solo ainsi que les extensions sur la cartouche : il n’y a donc pas de crainte à avoir concernant des téléchargements trop gourmands et votre espace de stockage devrait s’en sentir soulagé. A noter que si vous optez pour les versions dématérialisées de l’eShop, il faudra passer par l’achat individuel des titres.

Si vous aviez déjà joué à ces versions remasterisées par le passé, il n’y aura pas de grande surprise : le portage des FPS est franchement solide et c’est un pur bonheur de retrouver des jeux avec une telle ambiance sur la console de Nintendo. En mode portable, le résultat est plus que correct (720p et 30 fps) et permet de bien apprécier ces deux titres, même s’il est vrai que les passages dans l’obscurité amènent à quelques problèmes de lisibilité, notamment s’il y a des reflets sur l’écran de votre Switch. Mais si vous optez pour le confort du mode docké, vous pourrez profiter des titres sans ces quelques désagréments (avec un passage au 1080p par la même occasion).

A vous de peser le pour et le contre de chacune des possibilités, sachant que pour ma part j’ai fait la quasi totalité des deux jeux en mode portable avec la luminosité au maximum (mais cela ne changeait pas grand chose, à part peut-être une batterie qui montrait de forts signes de faiblesse). Quant à la jouabilité, elle est franchement très bonne (même en mode portable), si tant est que vous preniez le temps de vous habituer à changer d’armes à la volée, à recharger dans le chaos (moment ô combien stressant), et à comprendre l’utilité de tout l’inventaire. Bref, il y a de quoi s’emmêler entre toutes les commandes durant les premières heures de jeu mais avec un peu de patience, vous devriez vous en sortir…

On regrettera toutefois les temps de chargement un brin longuets, surtout lors du changement de chapitres, avec notamment un indicateur de progression de chargement qui semble indiquer ce que bon lui semble. Au niveau jouabilité, on appréciera la bonne prise en compte de la visée gyroscopique, ce qui est loin d’être le cas pour tous les jeux de ce type. Et pour les plus courageux, il est également possible de choisir entre deux modes de jeu : « Survie » afin d’appréhender le jeu comme un survival horror (avec des phases d’infiltration plus difficiles et un rationnement des ressources) ou « Spartiate » avec un mode de jeu tourné action (augmentation de la quantité de munitions, …). De plus, il est possible de jouer avec une variation de difficulté baptisée « Ranger » qui désactive les indices (pour accroitre l’immersion) et réduit l’interface du joueur, augmentant par la même occasion les dégâts de vos ennemis (et les vôtres également).

A noter que pour mon premier « run » (sachant que j’avais déjà joué aux titres sur Xbox 360), j’ai opté pour le mode Spartiate en difficulté Normale et qu’il m’a fallu un peu plus de 20 heures pour traverser les deux campagnes principales, hors contenus supplémentaires.

Côté ambiance sonore, le doublage français assure mais on aurait aimé que les discussions entre habitants soient également sous-titrées, et pas uniquement les dialogues de l’histoire principale (du coup vous risquez de ne pas tout saisir si vous décidez d’être jusqu’au-boutiste en choisissant les dialogues en russe et les sous-titres en français). En revanche, le bruit des armes est un peu en retrait et ne donne pas vraiment l’impression que l’on a un arsenal digne de ce nom entre les mains. Mais c’est bien là l’un des seuls bémols que l’on peut faire à ces titres…

Au final, Metro Redux peut donc se vanter d’être un excellent portage et les joueurs Switch ont désormais l’occasion de découvrir deux très bons FPS jouables en solo, dotés d’une ambiance assez folle. Il n’y a plus qu’à espérer que le succès soit au rendez-vous, histoire de donner des idées de portages (travaillés) à d’autres studios et ainsi d’augmenter la ludothèque de classiques sur la Nintendo Switch…

Metro Redux (Switch)
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