Monster Energy Supercross : The Official Videogame 3 (version dématérialisée, v1.0.1, sortie le 4 février 2020), Développeur: Milestone, Éditeur: Milestone

Après deux épisodes à la réalisation assez bancale, la franchise Monster Energy Supercross veut se racheter et Milestone nous propose donc Monster Energy Supercross : The Official Videogame 3 sur la plupart des plateformes dont la Nintendo Switch. Attention, cette série n’est pas à confondre avec MXGP qui est la licence de motocross également développée par les italiens de Milestone. Pour les novices, comme moi, le supercross peut être vu comme un dérivé du motocross mais en version grand spectacle puisqu’il se déroule dans des stades souvent couverts.

Il faut savoir que le titre vous impose déjà de personnaliser votre avatar avant de débuter. Il faudra donc choisir votre nom, numéro de dossard (ils ne sont pas tous disponibles au début), les couleurs, la morphologie de votre pilote ou encore les traits principaux de son visage. Et c’est enfin après ces cinq bonnes minutes (qui m’ont semblé interminables, surtout pour un rendu aussi anecdotique) que vous serez lancés dans le grand bain, le jeu essayant de vous expliquer tant bien que mal la différence entre les compétitions Ouest/Est et comment les évènements se déroulent lors d’un week-end de compétition : pas forcément la partie la plus intéressante pour un non-initié comme moi mais j’imagine que cela doit parler aux amateurs de supercross.

Et comme le jeu peut se prévaloir d’avoir la licence officielle, les amateurs seront une nouvelle fois comblés de découvrir les différentes marques de motos (en 250 ou 450), les pilotes, ainsi que l’intégralité des stades et circuits de la compétition. Et il y a même (au moins) un pilote français dans le lot…

Côté modes de jeu, vous aurez le choix entre les modes classiques (championnat, course rapide, défis) ou le mode carrière qui risque d’être votre principale porte d’entrée pour découvrir le monde du supercross, même si l’intérêt est assez limité (choix du sponsor, objectifs à atteindre et enchainement d’épreuves). Outre du multi en local nécessitant une seconde console dotée du jeu, le titre propose également un mode en ligne mais encore faut-il trouver des joueurs possédant le titre sur Nintendo Switch, ce qui n’a pas forcément été facile lors de mes brèves tentatives. Pour les plus fans d’entre vous, l’éditeur de circuits devrait vous permettre de laisser libre court à tous vos fantasmes en matière de bosses et de virages en tous genres (bien qu’il s’avère dommage que le didacticiel soit aussi léger). Enfin, le mode Complexe vous propose de vous défouler comme bon vous semble sur votre moto, si tant est que vous ne fassiez pas trop attention à la patte graphique de ce mode…

Graphiquement, le jeu est assez pauvre mais reste lisible sur une Nintendo Switch. Ne vous méprenez pas, il y a une ribambelle de textures assez horribles ici ou là mais cela n’entraine pas de réelles difficultés à comprendre ce qu’il se passe à l’écran (même si l’on peut se dire qu’il y a une belle marge de progression sur ce point pour les prochains volets). En revanche, côté maniabilité, il va falloir prendre son mal en patience pour réussir à ne pas finir bon dernier de chaque course. En effet, vous retrouverez bien évidemment des boutons permettant d’accélérer ou de freiner (ce qui s’avère plus difficile que prévu à gérer), mais il sera également nécessaire de jouer avec la position de votre corps sur la moto, afin de répartir au mieux votre poids, notamment au moment de sauts (surtout qu’il n’y a rien pour vous expliquer la marche à suivre pour dompter votre engin). Dans les premières courses, j’étais distancé rapidement, voire dépassé en fin de course (la honte) mais mes derniers tours de piste se déroulaient toujours avec beaucoup moins d’accrocs, me permettant même de réaliser des chronos assez flatteurs pour un débutant. Il faut donc prendre son mal en patience, surtout qu’il est possible de rembobiner l’action lorsque vous raterez un virage crucial : une fonctionnalité particulièrement utile tant un simple coup peut vous faire sortir de piste…

A noter qu’il est également possible de réaliser des figures lors de vos sauts, pas forcément compliquées à réaliser et qui vous donnent un petit boost lors des bonnes réceptions. Mais entre nous, il vaudra mieux attendre plusieurs heures de jeu avant de commencer à faire le malin lors de vos sauts. Enfin, la gestion du hors piste reste encore une énigme totale, même après plusieurs heures de jeux et des dizaines de courses : parfois un simple plot contourné vous fera réapparaitre au centre de la piste, avec la perte de temps qui incombe à ce type de passage, et parfois vous pourrez couper des virages sans que le jeu ne vienne vous rappeler à l’ordre!

Monster Energy Supercross: The Official Videogame 3 présente donc une avancée agréable dans la série mais reste encore loin de nous proposer ce que l’on est en droit d’attendre d’un tel titre en 2020. Le jeu aurait mérité de se focaliser sur son aspect graphique, sur un mode carrière intéressant ou sur l’austérité de son interface plutôt que de vouloir nous proposer des modes de jeux à foison (surtout qu’il n’y a pas de didacticiels attitrés donc la frustration prend rapidement le pas sur l’envie de passer du temps sur certains modes). Toutefois, Milestone est sur la bonne voie et il est impossible de bouder notre plaisir de découvrir un jeu de ce type sur la Nintendo Switch. En espérant que la licence soit enfin sur de bons rails et que les prochaines itérations nous rapprochent des sommets…

Monster Energy Supercross : The Official Videogame 3 (Switch)
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