The Wanderer Frankensteins Creature

[Test] The Wanderer: Frankenstein’s Creature (Switch)


The Wanderer: Frankenstein’s Creature (version dématérialisée, v1.1.1, sortie le 2 juillet 2020), Développeur: La Belle Games, Éditeur: ARTE

Développé par le studio parisien La Belle Games, The Wanderer: Frankenstein’s Creature est un titre assez difficile à s’approprier. Pour être tout à fait transparent, j’avais commencé à y jouer à sa sortie durant l’été mais je n’avais vraiment pas accroché et j’avais laissé tomber le jeu après 15 minutes, sans vraiment m’amuser. Je ne saurai jamais si cela était dû à l’humeur du moment ou à une raison quelconque, mais toujours est-il que je me suis rappelé du titre à la rentrée lorsque j’ai vu une mise-à-jour s’installer sur ma Nintendo Switch. Ni une, ni deux, il était temps de donner une seconde chance au titre, libre adaptation du roman de Mary Shelley.

Vous incarnez la Créature, un vagabond sans mémoire, ni passé. Vous découvrez le monde dans lequel vous vivez et avez encore tout à apprendre, que ce soit au niveau du langage ou des relations avec les êtres humains (ou certains animaux).

Passons rapidement sur le gros point faible du titre, à savoir sa maniabilité. Votre protagoniste se meut d’une manière très lente, très étrange, avec parfois des difficultés à tourner sur lui-même. Et dans les premiers instants du jeu où vous ne savez pas vraiment où aller et que les routes sont difficiles à apercevoir (vous ne distinguez pas encore les formes et couleurs), il faut avouer que l’on se pose rapidement des questions sur la technique globale du titre. Par la suite, sans véritablement vous prendre par la main, le titre vous indiquera toujours d’une manière subtile le chemin à emprunter ou l’endroit à rejoindre pour déclencher un nouvel évènement, et il faut avouer que l’on parvient à s’habituer aux déplacements de la Créature.

Votre quête sera entrecoupée de rencontres, souvent avec des Hommes qui vous repousseront ou des animaux qui vous fuiront, et de mini-jeux assez simples où l’on vous demandera de fabriquer une statue avec des morceaux éparpillés, de couper du bois, de faire fuir des corbeaux et j’en passe. Il y aura également quelques passages où vous devrez toucher des éléments dans un ordre bien précis, ou un simili jeu de rythme lorsque vous essayerez de jouer un air sur un instrument de musique. Bref, plein de mini-mini-jeux qui viendront entrecouper votre aventure, mais toujours de façon intelligente.

Votre aventure vous amènera également à faire des choix moraux qui auront un impact sur la fin du jeu (au nombre de quatre). Et c’est aussi là que le bât blesse puisqu’il ne vous faudra pas plus de deux heures pour mener à son terme le voyage de votre Créature, et vu la structure générale du jeu, il n’y a pas vraiment de plaisir à commencer une nouvelle partie pour découvrir les autres fins. Dans un sens, cela conclura d’une manière bien spécifique votre périple, mais il aurait été sympathique de pouvoir découvrir les autres fins sans devoir tout refaire, surtout que certains passages sont particulièrement longuets. D’ailleurs, attention aux sauvegardes qui s’effectuent à chaque changement de lieu/acte : si vous avez le malheur de quitter le jeu avant, vous devrez recommencer certaines actions (pas particulièrement pour votre plaisir).

Mais rassurez-vous, s’il y a bien une chose que le titre a pour lui, c’est sa patte graphique, tout simplement sublime avec son utilisation du style pastel ou de gouache, difficile à définir mais tout bonnement magnifique (si tant est que vous ayez un peu de sensibilité). C’est ainsi que le jeu se permet de vous faire ressentir le changement des saisons, la solitude du protagoniste principal , ses peurs ou encore ses changements d’humeur, sans avoir besoin de vous abreuver d’indications à l’écran.

Et que dire de la musique ? Les compositions de Alex Burnet sont un régal pour les oreilles, et se permettent de jouer avec vous et de restranscrire les émotions de la Créature de manière subtile. Un seul conseil pour profiter à fond de l’expérience: jouez avec un casque !

Au final, il est assez difficile de réussir à donner son avis sur The Wanderer: Frankenstein’s Creature, et c’est peut-être là l’une de ses plus grandes forces. Outre sa direction artistique complètement folle, le titre ne devrait laisser personne indifférent, que ce soit pas son message philosophique, sa beauté ou sa bande son. Sa courte durée de vie est finalement un atout, et nul doute que l’on continuera à débattre de ses points positifs ou négatifs dans les mois à venir, preuve que le titre réussit son pari de toucher les joueurs sans nous proposer de l’action à tout va…

The Wanderer Frankensteins Creature
The Wanderer: Frankenstein's Creature (Switch)
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