[Critique] World War Z (Marc Forster) – Version 3D

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World War Z, durée 1h56, sortie cinéma le 3 juillet 2013, réalisé par Marc Forster, avec Brad Pitt, Mireille Enos, Elyes Gabel, …

World War Z: Une histoire orale de la guerre des zombies est un roman de Max Brooks publié en 2006 et dont les droits furent très rapidement achetés par Brad Pitt via sa société Plan B. Après des années de production et de tournages, de multiples modifications du scénario, et des pans de l’histoire totalement remaniés, World War Z arrive enfin sur les écrans français sous la direction de Marc Forster (Neverland, Quantum Of Solace). Coté scénario, après Joseph Michael Straczynski (la série Babylon 5), ce furent finalement Damon Lindelof (Prometheus, la série Lost) et Drew Goddard (les séries Lost et Buffy contre les Vampires) qui furent embaucher afin d’offrir une conclusion digne de ce nom au blockbuster. Mais il est vrai qu’avec un budget aussi démesuré, les producteurs n’avaient pas vraiment de marche de manoeuvre pour rentrer dans leurs frais…

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Un jour comme les autres, Gerry Lane et sa famille se retrouvent coincés dans un embouteillage monstre sur leur trajet quotidien. Ancien enquêteur des Nations Unies, Lane comprend immédiatement que la situation est inhabituelle. Tandis que les hélicoptères de la police sillonnent le ciel et que les motards quadrillent les rues, la ville bascule dans le chaos…

Les gens s’en prennent violemment les uns aux autres et un virus mortel semble se propager. Les êtres les plus pacifiques deviennent de redoutables ennemis. Or, les origines du fléau demeurent inconnues et le nombre de personnes infectées s’accroît tous les jours de manière exponentielle : on parle désormais de pandémie. Lorsque des hordes d’humains contaminés écrasent les armées de la planète et renversent les gouvernements les uns après les autres, Lane n’a d’autre choix que de reprendre du service pour protéger sa famille : il s’engage alors dans une quête effrénée à travers le monde pour identifier l’origine de cette menace et trouver un moyen d’enrayer sa propagation…

L’histoire débute sous forme de reportage sur les heurts qui émaillent notre bonne planète, avant de faire un zoom sur Philadelphie, une ville où vivent Gerry Lane (Brad Pitt), sa femme Karen (Mireille Enos, la série The Killing US) et leurs deux enfants. Totalement bloquée dans les embouteillages, la famille va alors assister à l’impensable, avec d’un côté des carambolages totalement inimaginables dans une telle ville, et de l’autre des hommes sautant les uns sur les autres, se permettant de mordre sauvagement le moindre piéton, ou encore de déchiqueter les entrailles de certains citoyens. Mais Gerry ayant travaillé durant de longues années dans des conflits sanglants, notamment sous l’égide de l’ONU, ce dernier va utiliser toutes ses connaissances du terrain afin de sauver sa famille et de la ramener sous pavillon américain, et plus particulièrement sur un porte-avion naviguant en pleine mer. De là, l’armée lui confiera une mission assez simple à première vue (c’est ironique …) : mettre à mal la contamination mondiale et trouver un remède à même de sauver l’humanité.

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Aidé de soldats (les fameux Navy Seals), Gerry devra donc parcourir le Monde afin de mieux comprendre la source de la contamination et de trouver un remède. Ses aventures le mèneront en Corée du Sud dans une base militaire où l’atmosphère vous rappellera très certainement certaines images du Débarquement de Normandie, mais également en Israël où Jérusalem semble être la seule ville où la maladie n’a pas d’emprise. Histoire de conserver une once de mystère (« mais que peut donc signifier le Z du titre ? »), je m’abstiendrai de trop m’appesantir sur le scénario mais je dois tout de même vous avouer qu’il n’y a pas grand chose à conserver dans ce ramassis de clichés. Et justement, cet enchainement de situations nous ferait presque penser que l’on fait fasse à un pot pourri de jeux vidéo où la cohérence n’est que secondaire ! Même Gerry, le héros, n’en est pas vraiment un, car s’il cherche tant bien que mal à endiguer la pandémie, c’est uniquement pour sauver sa famille suite à un chantage du Gouvernement tout ce qu’il y a de plus abjecte. Et si vous êtes un habitué des films/séries, vous devinerez très rapidement la conclusion de WWZ, le remède ayant déjà été vu et revu dans de nombreux scénarios. Bref, du côté de l’histoire, il n’y a pas grand chose à sauver et côté technique, si certains spectateurs pourraient se laisser séduire par quelques effets plus ou moins réussis, on serait surtout en droit d’en attendre plus d’un long métrage affichant un tel budget !!! Evidemment, certains passages vous paraitront très violents pour un film « tout public », notamment lorsque les infectés sautent sur la moindre chair fraiche qui passe à proximité, ou encore lorsqu’un personnage se voit amputer un membre à la machette pour éviter la prolifération du virus, mais ces moments sont si rares que l’on en oublierait presque que l’on fait fasse à un tel danger. Pire, la dernière partie du film est extrêmement plate et ne fera que renforcer votre lassitude

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Avec plus de 120 millions de dollars récoltés durant ses premiers jours sur le territoire américain, World War Z devrait tout de même rentrer sans trop de mal dans ses frais, ce qui laisse déjà augurer d’un feu vert de la part de Paramount Pictures pour une suite (voire deux). Il n’y a plus qu’à espérer que le studio trouve un scénariste digne de ce nom dès le premier script, histoire que l’on n’ait pas l’impression de contempler un « film gruyère grandeur nature ». Quant à la 3D, elle est une nouvelle fois totalement dispensable et je ne saurais que trop vous conseiller de voir le film sans tous ces artifices techniques (encore faudrait-il que je vous conseille vraiment de le voir). En l’état, et même si l’on peut toujours rêver de mettre la main sur une version longue / Director’s Cut lors de sa sortie en vidéo, World War Z ne nous offre rien d’exceptionnel et ne mérite aucunement tout le battage médiatique autour de sa sortie. Voir Brad Pitt en sauveur de l’espèce humaine, pourquoi pas, mais encore aurait-il fallu sacrifier le fameux PG-13 histoire de nous offrir quelque chose de mémorable …