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[Critique] Chatroom (Hideo Nakata)


Chatroom, durée 1h27, sortie cinéma le 11 août 2010, réalisé par Hideo Nakata, avec Aaron Johnson, Imogen Poots, Matthew Beard, …

Grâce à AlloCiné et à son fameux Club 300, j’ai eu l’opportunité de voir le film Chatroom plus d’un mois avant sa sortie. Il s’agit d’un film britannique qui a eu les honneurs de la sélection officielle au Festival de Cannes 2010, et qui plus est réalisé par Hideo Nakata. Si vous ne le connaissez pas, ces précédents films vous parleront sans doute plus: la trilogie The Ring et ses remakes US, Dark Water, Death Note, et j’en passe! Et pour la petite info, sachez qu’au départ, Chatroom est une pièce de théâtre à destination des jeunes, écrite par Enda Walsh.

William, 17 ans, solitaire, passe son temps sur internet et ouvre un forum de discussion pour les adolescents de sa ville. Rejoints par Eva, Emily, Mo et Jim, tous vident leurs sacs sur leurs parents, leurs soi-disant amis, leurs émois, leurs traumatismes. William, très à l’écoute, les conseille et les incite à s’affranchir de leurs problèmes par l’action… Aucun d’eux ne sait que dans la vie réelle William est un adolescent perturbé, et qu’il est déterminé à influencer le groupe sur son Chatroom « à la vie – à la mort »…

Chatroom nous balance constamment entre deux univers, le réel et le virtuel, à tel point que les protagonistes eux-même finissent par les confondre. Dans la peau du créateur de cette « Chat Room », William, nous retrouvons Aaron Johnson que j’avais déjà encensé pour son rôle dans Kick-Ass et qui réussit tant bien que mal à sauver le film du naufrage absolu grâce à son excellente interprétation. Ce salon virtuel accueille également quatre autres personnages, chacun ayant sa vie réelle plombée par des pensées inavouables voire angoissantes: Eva (Imogen Poots), Jim (Matthew Beard), Emily (Hannah Murray) et Mo (Daniel Kaluuya). Comme dans tous sites de rencontres, vous croiserez d’autres utilisateurs présents dans le salon général et représentés ici par un très long couloir vraiment lugubre. De là, chaque porte donne sur une « chat room » où les communautés partagent leurs passions, leurs fantasmes mais également leurs névroses et finalement, toutes ces thématiques finissent par baigner dans le plus pur cliché…

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Mais le coeur du film n’est autre que la haine de William vis-à-vis de lui-même et de sa famille, haine qu’il ne réussit à apaiser qu’à travers un moyen: la mort. Et c’est là que le film dérape et devient un énorme foutoir où la volonté de vivre n’a plus lieu d’être et où le suicide est la réponse à tous les maux, une façon de blesser les proches qui vous avaient perdu de vue, de ne plus souffrir, de mettre fin à votre dépression et j’en passe. Un sacré ramassis d’idées reçues qui n’ont pas lieu d’être dans un film. Là où il aurait été si simple de nous faire un bon petit thriller, sans grande originalité je vous l’accorde, avec un tueur en série s’en prenant aux internautes et/ou à leurs avatars, le réalisateur préfère nous livrer les mille et une façon de se suicider ou de pousser les autres au suicide…

Pendant 20 minutes, Chatroom réussit donc le tour de force de nous illustrer de fort belle manière un monde virtuel par le biais de décors minimalistes, tout en essayent de nous dépeindre l’impact de la technologie sur les jeunes et sur leur personnalité à double face, suivant qu’ils soient dans le monde réel ou virtuel. Mais le reste du film n’est qu’une aberration…

Note: 2/10