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[Critique] Battleship (Peter Berg)


Battleship, durée 2h10, sortie cinéma le 11 avril 2012, réalisé par Peter Berg, avec Taylor Kitsch, Rihanna, Liam Neeson, Alexander Skarsgård, Brooklyn Decker, …

En 1931, Starex Novelty sortait le jeu de société Touché Coulé au format papier. Désormais détentrice des droits, et devant le succès au cinéma de la licence Transformers, la société Hasbro a rapidement senti le bon filon et s’est lancée dans la production d’une adaptation sur grand écran de la bataille navale. C’est ainsi que Peter Berg, déjà responsable de quelques succès d’estime (Very Bad Things, Friday Night Lights, Hancock), s’est vu confier la caméra pour réaliser Battleship, avec un budget plus que confortable estimé à 200 millions de dollars. Et curieusement, en mettant de côté le scénario, le résultat pourrait presque s’avérer convaincant…

Océan Pacifique… Au large d’Hawaï, l’US Navy déploie toute sa puissance. Mais bientôt, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par des dizaines d’autres dotées d’une puissance de destruction inimaginable.
Qui sont-ils ? Que faisaient-ils, cachés depuis si longtemps au fond de l’océan ? A bord de l’USS John Paul Jones, le jeune officier Hopper, l’Amiral Shane, le sous-officier Raikes vont découvrir que l’océan n’est pas toujours aussi pacifique qu’il y paraît. La bataille pour sauver notre planète débute en mer.

Stone Hopper (Alexander Skarsgård, alias Eric Northman dans True Blood) essaye tant bien que mal de sortir son frère Alex (Taylor Kitsch, récemment vu dans John Carter) de la galère. Et pourquoi ne pas s’engager dans la Marine où son frère jouit déjà d’une bel aura ? C’est ainsi que, après quelques démélés avec la justice, Alex Hopper se retrouve bien malgré lui lieutenant dans la Flotte Américaine du Pacifique, et plus particulièrement au sein de l’USS John Paul Jones. Malheureusement pour lui, c’est lors des exercices en mer du RIMPAC 2012, au large d’Hawaii, que la guerre va réellement prendre place puisque des forces extra-terrestres (cinq pour être précis) vont débarquer sur Terre suite à un message envoyé par la NASA pour communiquer avec une lointaine planète. Et pour contrer cette invasion, la production a fait appel à quelques têtes d’affiche imparables, comme Liam Neeson qui incarne l’Amiral Shane, la sculpturale Brooklyn Decker qui joue sa fille Samantha, ou encore l’inexpressive Rihanna qui interprète l’armurière Raikes (Rex ?), soutien indéfectible d’Alex Hopper.

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Malheureusement, une fois ces quelques bateaux isolés en mer face aux vaisseaux extra-terrestres, l’histoire va trainer en longueur, donnant rapidement l’impression d’assister à une bataille stratégique où chaque pion avance très (trop ?) doucement. A cet effet, il est surprenant de voir que les vaisseaux aliens sont incapables de se mouvoir convenablement une fois qu’ils ont touché l’eau (ils viennent pourtant de traverser l’univers à vitesse grand V, mais une fois sur l’eau, ils se déplacent comme des grenouilles) : un mauvais prétexte pour que la bataille se déroule en mer ! Entre disparitions de proches, moments de bravoure et découverte du véritable visage des aliens (et de leur point faible), Battleship va même se permettre d’enfoncer le clou en restant fixé durant une bonne dizaine de minutes sur un écran radar avec un quadrillage qui devrait vous rappeler le célèbre jeu de société ! Une belle manière d’affirmer son héritage, hommage que vous pourrez également retrouver dans l’aspect des bombes envoyés par les vaisseaux aliens, bombes qui ressemblent à s’y méprendre à des pions issus du jeu…

Côté effets spéciaux, outre les vaisseaux aliens au design assez quelconque (il n’est jamais question de robots ici, ce n’est pas Transformers !), les choix liés aux aliens en eux-même sont plus que discutables, entre des armures tout droit sorties des jeux « Halo », et des visages carrément ridicules qui ne parviennent jamais à nous impressionner. Et même le comportement de ces êtres est plus qu’étrange, le spectateur ne sachant jamais pour quelle raison ils n’hésitent pas à tuer /détruire certaines cibles, et à en épargner d’autres (légitime défense ?). En dehors d’un doublage français parfaitement horrible, Battleship peut néanmoins se targuer de nous proposer une très bonne bande son (avec des vieux titres d’AC/DC) et de nous offrir quelques phrases savoureuses telles que « Nous devons donner 24 heures de plus à l’humanité » ou encore l’inattendu « Touché, coulé », confirmant ainsi le côté très second degré de l’ensemble (ce qui est rassurant). Enfin, comme il fallait s’en douter, la scène post-générique se déroulant en Ecosse nous promet déjà une revanche des aliens !!! Encore faudrait-il que le succès soit au rendez-vous pour ce blockbuster pré-estival que les spectateurs devraient rapidement oublier

Note: 6/10